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Bas-Saint-Laurent

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Le Bas-Saint-Laurent

Le Bas-Saint-Laurent forme une région située sur le rebord sud de l'estuaire du Saint-Laurent, entre la Côte-du-Sud et la Gaspésie. C'est une région dont la façade maritime s'étend sur quelque 250 kilomètres, soit depuis Notre-Dame-du-Portage jusqu'au village des Capucins, et dont les limites vers le sud et le sud-est correspondent aux frontières de l'état du Maine et du Nouveau-Brunswick.

Les premières traces d'activités humaines remontent à plusieurs millénaires. Différents groupes amérindiens ont fréquenté ce territoire et y font des séjours plus ou moins prolongés. Les Montagnais constituent le principal groupe amérindien au XVIIe siècle. Dans les siècles suivants, le groupe le plus important est celui des Malécites.

L'ancienneté de la présence européenne est difficile à préciser, mais chose certaine des pêcheurs européens, dont des Basques, fréquentent les eaux de l'estuaire du Saint-Laurent vers 1500. On trouve d'ailleurs des vestiges de leurs activités, entre autres trois fournaux à l'île aux Basques.

Les établissements permanents apparaissent après 1670 à la suite de la concession de nouvelles seigneuries. Une concession précédente faite dans les environs de L'Isle-Verte en 1653 avait été un échec. Sans surprise, les premiers établissements sont en bordure des rives du fleuve, qui constitue l'unique voie de communication. Cette proximité facilite les activités de chasse et de pêche, toutes deux essentielles à la population et pour lesquelles les premiers seigneurs-habitants tirent des revenus.

La colonisation du Bas-Saint-Laurent prend véritablement son envol au XIXe siècle avec l'occupation croissante des terrasses du littoral pour des fins agricoles. Entre 1790 et 1820, la population passe 1 250 à 5 000 personnes. Quarante ans plus, tard, 40 000 habitants s'ajoutent. Les excédents naturels des localités de la côte se dirigent vers le plateau appalachien. Puis le flux migratoire se tarit, un ralentissement qui se double de nombreux départs en direction des établissements industriels américains.

Avec la croissance démographique suit l'implantation d'institutions civiles et religieuses, dont la constitution d'une première paroisse à Cacouna en 1825. Des améliorations sont apportées au réseau des routes pour mieux desservir la population et améliorer les liens entre Québec et Halifax. L'industrie forestière prend également une place importante dans le mode de vie des habitants au cours de ce siècle, particulièrement après 1890 avec l'expansion du réseau ferroviaire.

Entre les années 1890 et le milieu du XXe siècle, en dépit de la crise des années 1930, la croissance soutenue de la population, l'extension maximale du terroir, les progrès de l'agriculture, l'essor de l'industrie forestière, la consolidation des organismes et institutions ainsi que l'affirmation des entrepreneurs régionaux marquent la vie bas-laurentienne. Après 1950, l'élan de croissance se poursuit, portée par la prospérité de l'après-guerre. Mais en même temps, de profondes modifications surviennent, entre autres avec les difficultés de l'industrie forestière et avec la désertion des plateaux qui menacent les petites communautés. Par contre, depuis les années 1960, avec la complicité de l'état, de nouvelles institutions telles l'université du Québec, les cégeps régionaux, et les nouveaux services dans le domaine de la santé ont permis la consolidation du secteur tertiaire. Cette consolidation profite toutefois surtout aux collectivités du littoral.

Normand Perron, 2016
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