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Beauce-Etchemin

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La Beauce-Etchemin-Amiante

Depuis l'époque de la Nouvelle-France, l'histoire de la Beauce, de l'Etchemin et de l'Amiante a été marquée profondément par sa situation géographique. La région, à proximité de Québec, s'étend entre l'axe de communication du Saint-Laurent et la frontière américaine. Cette singularité a entraîné des répercussions sur les stratégies politico-militaires des Français, des Anglais et des Américains, sur le développement des seigneuries et des cantons à des fins de colonisation, sur la structuration du réseau de communication et sur les mouvements migratoires.

L'apparition probable des groupes amérindiens dans la région remonte à plus de 5 000 ans, à tout le moins comme lieu de contacts entre des groupes provenant de l'état de New York, de l'Ontario ou encore de l'Est du Québec.

à l'époque de la colonisation européenne, Champlain a vite saisi l'importance stratégique cette région, même si elle est quasi inhabitée jusqu'au milieu du XVIIe siècle. Il faut en effet attendre 1736 avant que les premières seigneuries soient concédées et que débute véritablement l'occupation des terres. Cette colonisation se développe d'abord dans l'axe des rivières Etchemin et Chaudière, dans les basses terres en premier, puis vers les plateaux.

La croissance démographique est longtemps lente. En 1790, la région compte seulement 2 500 habitants. En 1852, on recense quelque 32 000 habitants. Le peuplement s'est accéléré à compter du début du XIXe siècle à la suite de la construction de meilleures voies d'accès qui désenclavent non seulement la région en direction de Québec et des Cantons de l'Est, mais qui assurent aussi un lien entre Québec et Boston. La construction de voies ferrées après 1850 contribue aussi à ce désenclavement de la région.

Il s'agit d'une population composée surtout de francophones à laquelle s'ajoute d'autres communautés ethniques, dont l'un des groupes les plus importants est celui des Irlandais catholiques. Chacun implante ses villages et institutions. Peu à peu, le groupe francophone devient majoritaire dans toute la région, aidé en cela par une immigration en baisse. La population, qui vit essentiellement de l'agriculture, croit assez faiblement après 1870 et elle atteint 67 000 habitants en 1901. Les nombreux départs vers les états-Unis et l'Ouest canadien expliquent cette croissance modérée.

Au cours de ce XIXe siècle, comme dans d'autres régions, l'exploitation de la forêt marque l'économie régionale. Des richesses inattendues en orientent aussi le destin. C'est la découverte de pépites d'or et de l'amiante. C'est d'ailleurs en Beauce qu'eut lieu la première exploitation commerciale de l'or au Québec. Mais le nouvel Eldorado se fera bientôt rêve. Il en sera autrement avec la découverte de l'or blanc (l'amiante) dans les environs de Thetford.

Le développement de la région se poursuit au XXe siècle. En 1961, quelque 140 000 habitants y vivent, dont 54 000 dans les cités, les villes et les villages. Environ 40 % de la population habite alors en milieu urbain, comparativement à 75 % au Québec. En dépit des progrès de l'agriculture et du développement d'un secteur manufacturier reposant surtout sur les petites entreprises et de la mise en valeur des ressources forestières et de l'amiante, la région continue de souffrir d'un bilan migratoire négatif.

Après les années 1960, la population augmente peu. Elle atteint les 156 000 habitants en 2001. Comme ailleurs, un vent de changement touche la région avec les réformes et les nouvelles institutions implantées dans la mouvance de la Révolution tranquille. Les tangentes de l'économie régionale observées dans la première partie du XXe siècle continuent de caractériser la région, avec une exception de taille pour l'exploitation de l'amiante. L'agriculture vit de profondes transformations avec la disparition des petites fermes familiales à la faveur de grandes fermes très spécialisées. Dans le secteur industriel, le légendaire entrepreneuriat régional s'adapte aux nouvelles réalités, en particulier celles reliées à la délocalisation des usines et aux règles du commerce international.

Normand Perron, 2016
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