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Nouvelle agriculture au milieu du 19e siècle
Thème : Économie

Nouvelle agriculture au milieu du 19e siècle : passage de la production céréalière à la production laitière.

Laurie Goulet, Groupe de recherche Histoire (GRH), Université du Québec à Chicoutimi. 2003

 
Lorsque le Saguenay–Lac-Saint-Jean s'ouvre à la colonisation au milieu du 19e siècle, les nouveaux habitants apportent avec eux leurs pratiques agricoles traditionnelles. Ils reproduisent de cette façon le modèle qui prévaut à cette époque sur le territoire québécois. La région suit ainsi les grandes tendances que connaît le reste de la province de Québec, dont celui qui affecte directement la production en agriculture. En effet, à l'aube du 20e siècle, les fermes québécoises délaissent en partie la culture du blé pour se tourner vers l'industrie laitière. Comment et pourquoi cette transition s'est effectuée dans la région saguenayenne et jeannoise?
 
La région du Saguenay–Lac-Saint-Jean est touchée tardivement par les débouchés qu’offrent les villes du Québec ou les marchés plus éloignés des États-Unis. Si les agriculteurs de la région commencent à changer leurs cultures au début des années 1870, il faut également que les produits se rendent vers les marchés, ce qui cause un problème pour une région qui n'est pas encore très bien liée au reste de la province. Il faut donc attendre l'arrivée du chemin de fer, en 1888 à Roberval et en 1893 à Chicoutimi, pour voir l'essor véritable de l'industrie laitière. 
 
Il faut également ajouter que le changement s'effectue graduellement et que l'on continue à pratiquer une agriculture diversifiée où l'on cultive plusieurs produits et où on élève une bonne variété d'animaux. Avant de se consacrer aux produits laitiers, les agriculteurs ont tenté d'autres alternatives, comme la culture de la betterave à sucre, mais sans grand succès. Ils se sont donc tournés vers l'industrie laitière, qui compte beaucoup d'avantages : il y a des débouchés internationaux, on a moins besoin de main-d'œuvre pour la production et les variations de climat ont peu d'influence sur la qualité du produit. De plus, les dérivés du lait contribuent à varier les productions. Par exemple, les agriculteurs donnent du lait écrémé aux porcs afin de les engraisser. 
 
Peu à peu, les cultivateurs de la région transforment le lait pour fabriquer du beurre et du fromage. Les revenus qui y sont rattachés sont importants : en 1893, une tonne métrique de foins rapporte 9 $ alors qu'une tonne métrique de beurre rapporte 400 $. On voit alors l'apparition de beurreries, de fromageries et de fabriques où l'on produit les deux à la fois de plus en plus fréquemment sur le territoire. Cette industrie nouvelle aide donc à l'essor économique et agricole de la région.
 
 
Bibliographie :

Charpentier, Louise, René Durocher et alii. Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Montréal, Centre éducatif et culturel inc., 1990 (2e édition). 463 p. 
Girard, Camil et Normand Perron. Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1989. 665 p.
 
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