Chania

La traversée du lac Saint-Jean
Thème : Économie

De véritables héros de la natation. Historique de la traversée internationale du lac Saint-Jean

Laurie Goulet, Groupe de recherche Histoire (GRH), Université du Québec à Chicoutimi. 2003


C’est en 1955 que la première édition, non officielle, de la traversée internationale du lac Saint-Jean a lieu. Reliant Péribonka et Roberval sur une distance de 32 kilomètres, cette épreuve nautique connaît des changements plus au moins importants pendant son histoire. 
 
On doit l’idée de la traversée à un homme originaire de Roberval : Martin Bédard. Lui-même nageur, il admire l’étendue d’eau du lac Saint-Jean et lance le projet d’organiser une traversée. Au courant des années 1950, plusieurs personnes de la place ne croient pas en son projet, car les eaux de cette mer intérieure ne sont pas constantes et sa température varie de 10 à 15 degrés celsius pendant le mois de juillet. Heureusement pour Martin Bédard, son collègue en nage, Jacques Amyot, un réputé nageur du Québec, décide de tenter l’aventure. C’est donc en 1955 que la première traversée du lac Saint-Jean est effectuée par sept personnes, reliant ainsi Péribonka à Roberval. Seul Jacques Amyot parvient au fil d’arrivée. Il permet ainsi à Martin Bédard de réaliser son projet. 
 
Le village de Péribonka a toujours représenté le point de départ de la course et ce, dès les premières années. Une condition s’applique : les nageurs doivent atteindre la rive robervaloise dans un délai de douze heures. S’ils dépassent ce temps réglementaire, ils sont disqualifiés. Dès la deuxième édition de l’activité, les organisateurs offrent des bourses et des trophées aux gagnants. Les bourses doivent leur existence grâce au support financier d’associations, de corps publics, d’hommes d’affaires et des industriels. La première femme participe au relais en 1958 et remporte la première place du podium, il s’agit de Greta Anderson. Robert Cossette, malgré certains handicaps à une jambe, parviendra aussi à traverser cette mer intérieure à son troisième essai à la même époque. Toujours en 1958, la traversée devient une compétition de niveau international et deux ans plus tard, l’événement prend la forme d’un attrait touristique majeur. Des festivités s’étendent sur une semaine et entourent ainsi les activités nautiques. Enfin 1961, la chanson thème « Piékouagami » est enregistrée, ce nom représentant l’appellation amérindienne de l’immense étendue d’eau qui signifie lac plat.
 
Au courant des années 1970, la traversée change de case horaire et se met en branle le dimanche. De plus, plusieurs records sont constatés et ce par des hommes et des femmes de multiples nationalités. En 1973, deux hommes terminent en même temps : l’argentin Horacio Iglesias et Gussama Kachad provenant de la République Arabe Unie. Un américain, John Kinsella gagne même l’épreuve six fois de suite, soit de 1974 à 1979. Cet homme a réalisé un autre exploit : effectuer le trajet en moins de huit heures. Il l’a réussi à plusieurs reprises. De plus, en 1975, la ville de Roberval se dote d’une « Place de la Traversée ». Située en plein centre-ville, ce lieu permet l’organisation de spectacles variés et ce, pendant tout le temps des festivités. Une tradition s’instaure, le traditionnel souper dans les rues où des tables sont installées sur la principale artère de la ville, afin de permettre aux gens de fraterniser. 
 
Au cours de sa longue histoire, des représentants de plusieurs pays ont participé à la traversée du lac Saint-Jean. En tout, plus de trente-deux pays se sont vus représentés. Les trois principaux lieux d’origine des participants sont le Canada (115), les Etats-Unis (44) et l’Argentine (29). En ce qui concerne les autres, ils font partie des cinq continents, ce qui donne vraiment un ton international à cette activité sportive. Quant aux Québécois, ils ont terminé en première position seulement à six reprises. De plus, seulement deux femmes ont réussi à terminer le relais pendant toutes ces années.
 
La traversée internationale du lac Saint-Jean a connu quelques modifications de parcours, que ce soit pour les distances ou pour les épreuves complémentaires. Ce doyen des marathons nautiques en est à sa 48e édition en 2002. Il continue de gagner en popularité tout en inspirant l’imaginaire des populations qui assistent à l’événement d’année en année.


Bibliographie : 

Site Internet : Traversée internationale du lac Saint-Jean : http://www.traversee.qc.ca
En collaboration. La traversée internationale du lac Saint-Jean : événement sportif, et la huitaine de gaieté, sportive et socioculturelle, Roberval. 27 p. 
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