Chania

Julien-Édouard-Alfred Dubuc
Thème : Économie

Le monde des affaires selon Julien-Édouard-Alfred Dubuc

Camil Girard et Laurie Goulet, Groupe de recherche Histoire (GRH), Université du Québec à Chicoutimi. 30 octobre 2003


Les réalisations d’un entrepreneur peuvent avoir de conséquences importantes sur le développement des communautés. C’est le cas de Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), un homme d’affaires canadien-français venu s’installer à Chicoutimi vers la fin du 19e siècle. La Compagnie de pulpe, qu’il dirige à partir de 1897, annonce le début d’un développement industriel prometteur à Chicoutimi et dans d’autres municipalités de la région, dont Port-Alfred, à proximité de Chicoutimi, et à Val-Jalbert au Lac-Saint-Jean. 
 
Julien-Édouard-Alfred Dubuc arrive à Chicoutimi en 1892. Il quitte la Banque Nationale de Sherbrooke afin de prendre la direction d’une succursale de cette Banque à Chicoutimi. Quatre ans plus tard, il fonde avec d’autres hommes d’affaires la Compagnie de pulpe de Chicoutimi. Les investisseurs le nomment au poste de directeur-gérant, une fonction qu’il occupera jusqu’en 1923. Deux moulins sont construits à Chicoutimi et désignés sous les noms de Saint-Joseph et de Sainte-Marie. Dubuc devient peu à peu un important employeur dans la région, comptant un millier d’employés en 1920, sans compter les travailleurs en forêt.
 
Dubuc concentre ses activités exclusivement dans la production de pâte à papier. Il trouve trop coûteux et trop risqué de se lancer dans la production de papier qui offre pourtant des marchés plus diversifiés. Il faut, selon lui, trop de capitaux pour fonder une telle entreprise dans une région péri-nordique. Il préfère miser sur la production de la pâte à papier et l’acquisition de la Compagnie de pulpe de Ouiatchouan à Val-Jalbert s’inscrit dans sa logique d’affaires.
 
En 1917, il amorce une diversification de sa production en fondant la Ha! Ha! Bay Sulphite à Port-Alfred avec la participation d'importants investisseurs anglais. Cette compagnie produit une nouvelle pâte chimique, plus recherchée par les usines de papiers spécialisées. Après la crise qui touche le secteur des pâtes et papiers après la Guerre de 1914-1918, cette usine fait faillite ainsi que tout l'empire de Dubuc. 
 
L’homme d’affaires tente de relancer ses usines dans les années 1920 à l’aide de nouveaux capitaux provenant de l’extérieur de la région. Il produit alors des pâtes spécialisées qu’ils expédient à partir des installations portuaires de Port-Alfred à des acheteurs anglais et américains. Mais la baisse des prix et la difficulté d’écouler la production auront finalement raison de Dubuc. 
 
Malgré son échec dans la production de la pâte à papier, Dubuc demeure actif. Il contribue à mettre en place les systèmes de distribution d'électricité et de téléphone dans la région. Il poursuit aussi une carrière politique. De 1925 à 1945, il représente la population du comté de Chicoutimi à la Chambre des communes. Il est aussi maire de Chicoutimi de 1934 à 1936. 

Biblioigraphie :

Girard, Camil et Normand Perron. Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1989. 665 p.
 
Chania
Chania
Chania