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L’urbanisation au 20e siècle
Thème : Société et institutions

L’urbanisation au Saguenay–Lac-Saint-Jean au 20e siècle

Camil Girard, Groupe de recherche Histoire (GRH), Université du Québec à Chicoutimi. 30 octobre 2003

 

Avec le 20e siècle, le Saguenay–Lac-Saint-Jean commence à s'urbaniser. Les centres industriels renforcent alors l'armature des villes où se regroupent les masses ouvrières, les commerces et les services. Comparé au Québec ou au Canada, le mouvement d'urbanisation est moins rapide dans l'ensemble de la région. Au Canada, ce n'est que depuis 1921 que plus de 50 % de la population vit en majorité en milieu urbain. Ce cap est franchi en 1931 dans la province et dix ans plus tard dans la région. Cependant, c'est à partir des années 1960 que le profil urbain de la région commence à ressembler véritablement à ceux du Québec et du Canada.
 
Certains traits spécifiques caractérisent l'urbanisation de la région. Le Saguenay a une structure urbaine plus forte, grâce à l'influence des trois pôles urbains que sont Chicoutimi, Jonquière et La Baie et qui constituent une véritable conurbation. Même si le phénomène d'urbanisation est, à l'origine, étroitement lié à l'industrie des pâtes et papiers ainsi qu'à l'industrie de l'aluminium, il faut quand même attendre 1921 pour que le grand Chicoutimi (Chicoutimi, Chicoutimi-Nord et Rivière-du-Moulin) dépasse les 10 000 habitants. À partir des années 1930, c'est la zone urbaine de Jonquière (Jonquière, Arvida, Kénogami) qui regroupe le plus fort contingent de population avec 15 738 habitants. Ces trois villes prennent le pas sur la zone d'influence de Chicoutimi pendant les décennies suivantes. En 1941, le grand Jonquière regroupe 24 929 habitants et le grand Chicoutimi, 19 141. Dix ans plus tard, Jonquière atteint les 42 591 tandis que Chicoutimi traîne derrière avec une population de 29 762. En 1961, Jonquière compte 57 737 habitants, comparativement à 47 272 pour Chicoutimi. 
      
Depuis les années 1960, le renforcement du secteur d'emplois dans les services a favorisé Chicoutimi dont la population n'a cessé de s’accroître pour franchir 52 372 en 1971 et 60 064 en 1981. Pendant la même période, Jonquière subit les effets d'une industrie de transformation qui ne parvient même plus à maintenir les emplois existants. Comme conséquence, cette ville a vu sa population stagner aux environs de 57 000 entre 1961 et 1971. Elle reprend une lente croissance par la suite, ce qui lui permet d'atteindre 60 000 habitants. Quant à la ville de La Baie, sa population croît lentement entre 1961 et 1971, passant de 14 695 à 15 269, puis rapidement au cours de la décennie suivante pour atteindre 20 935 habitants en 1981. Au Lac-Saint-Jean, c'est la zone urbaine d'Alma qui constitue le principal pôle d'attraction de cette sous-région. Elle regroupe 26 322 personnes en 1981. 
 
 
Bibliographie :

Girard, Camil et Normand Perron. Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1989. 665 p.
 
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