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Le réseau routier
Thème : Économie

Le développement du réseau routier au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Camil Girard et Laurie Goulet, Groupe de recherche Histoire (GRH), Université du Québec à Chicoutimi. 2003


La mise en place d'un réseau routier terrestre a pris beaucoup de temps à se réaliser dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Pendant tout le 19e siècle, les communications entre les municipalités régionales se sont avérées difficiles. Toutefois, l'apparition des automobiles au 20e siècle provoque une plus grande sensibilisation à l'amélioration des routes. Voyons donc l'évolution des moyens de communication à l'intérieur du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
 
Au milieu du 19e siècle, des familles, provenant en majorité de la région de Charlevoix, viennent s'installer sur le territoire saguenayen. Pour effectuer la traversée, ils utilisent les moyens de transport maritimes. Ce choix se comprend lorsque l'on sait que les chemins terrestres se limitent, à cette époque, aux tracés traditionnels empruntés par les Amérindiens. Ils sont donc d'accès plutôt difficile pour des familles complètes. À l'intérieur même des frontières de la région, les routes sont peu nombreuses et de piètre qualité. Cette situation rend la livraison des marchandises et les communications plus compliquées autant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
 
L'arrivée du chemin de fer dans la région facilite les échanges entre les habitants. Cependant, cette nouveauté nuit grandement au développement du réseau routier. Les coûts de construction et d'entretien des routes sont considérés trop élevés pour les municipalités qui doivent s'en occuper. Le gouvernement commence à investir de l’argent dans les réseaux routiers à partir de 1908. La région devra cependant attendre jusqu’aux années 1920 avant de voir des actions concrètes sur le paysage routier. En effet, l'arrivée en masse des automobiles sensibilise les municipalités à remédier à la situation. La Chambre de commerce de Chicoutimi, ainsi que plusieurs autres leaders locaux, souhaitent construire une route régionale afin de relier le Saguenay au Lac-Saint-Jean. Ce projet sera réalisé à la fin des années 1920, cependant le tronçon de route entre Albanel et Sainte-Monique (secteur Lac-Saint-Jean) n’est pas touché par les améliorations routières.
 
Toujours pendant les années 1920, un service d’autobus prend forme entre Chicoutimi, Jonquière et La Baie. C’est la compagnie Leclerc et Crevier qui permet la liaison entre ces villes du Saguenay en 1922. Par contre, ce nouveau service n’est pas accessible à tous, le coût des billets étant très élevé. Du côté du transport individuel, en 1925, près de 1 300 personnes possèdent une automobile (sans forcément posséder leur permis de conduire) dans la région ; cela représente environ 4,2 voitures par cent habitants. On constate alors que le Saguenay–Lac-Saint-Jean accuse un retard important par rapport au reste du Canada : l’Ontario se chiffre à 12,4 automobiles par cent habitants tandis que la moyenne canadienne se situe à 8,9. 
 
La crise des années 1930 favorise la réfection des chemins au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Pendant ces années, le pont reliant Chicoutimi et Chicoutimi-Nord est construit. Plusieurs autres tronçons de routes ont été améliorés ce qui favorise le réseau routier. De plus, le transport en commun s’organise de plus en plus, signe d’une plus grande urbanisation. Au début, ce sont les compagnies privées comme la Compagnie d’autobus et de taxi de Chicoutimi qui s’occupent de ces services. En 1937, cette compagnie possède sept autobus et neuf taxis. La Régie provinciale des transports lui octroie son permis d’exploitation en 1939. Quant à lui, le territoire du Lac-Saint-Jean est desservi par des compagnies de taxis. 
 
Finalement, le réseau routier que l’on possède aujourd’hui au Saguenay–Lac-Saint-Jean a pris beaucoup de temps à être construit. Pendant tout le 19e siècle, les routes sont en très mauvais état. Il faut attendre les années 1920 pour que la situation change quelque peu. Les habitants ont toujours su qu’il est important de posséder de bonnes routes pour favoriser les échanges et les communications. Il faudra aux régionaux attendre l’après Deuxième Guerre mondiale pour que le gouvernement du Québec construise la route du Parc des Laurentides, première route moderne qui relie la région au reste du Québec. 
 
 
Bibliographie :

Girard, Camil et Normand Perron. Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1989. 665 p.
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