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Le sous-sol
Thème : Territoire et ressources

Le sous-sol du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Étienne Troestler, Cégep de Jonquière, 13 novembre 2002


Le secteur minier représente avec l’agriculture et la forêt la ressource naturelle la plus importante du Québec. Secteur en plein développement, le domaine minier repose sur de gros investissements touchant l’exploration, l’exploitation, et la mise en marché des ressources minérales. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ce secteur économique est encore peu développé et génère peu d’emplois, malgré un potentiel intéressant. Le dernier portrait régional parle d’une production annuelle frisant les 70 millions de dollars, 36 établissements miniers et entre 300 et 400 emplois. En ce qui concerne la production, la région fournit à peine 2 % des expéditions minières de tout le Québec. 
 
Dans l’immense structure géologique du Bouclier canadien, le Saguenay–Lac-Saint-Jean fait partie de la province de Grenville. La majorité des matériaux remontent à l’aube de la terre, soit l’ère précambrienne. Toutefois, quelques affleurements plus récents sont de la période du paléozoïque. Les dépôts précambriens sont constitués de roches ignées qui viennent de l’intérieur de la terre et sont donc issus du refroidissement du magma. Par ailleurs, les dépôts paléozoïques sont de nature sédimentaire et contiennent souvent des fossiles, ces premiers vestiges de formes de vie minéralisés. Si les matériaux ignés sont localisés un peu partout en région, les matériaux sédimentaires plus récents se retrouvent au sud et à l’ouest du lac Saint-Jean et un peu au nord de la rivière Saguenay, le long de la rivière Shispshaw, près d’un site nommé Chute aux galets. Une autre caractéristique géologique touche la masse d’anorthosite, que les gens appellent faussement le granite. Il s’agirait de la plus importante masse de cette roche ignée au monde. Elle fait partie de la famille du feldspath et comprend plusieurs minéraux potassiques, sodiques ou calciques. 
 
La rentabilité du sous-sol du Saguenay–Lac-Saint-Jean est plutôt faible. Juste un peu plus au nord, dans la région de Chibougamau et de Chapais, c’est tout le contraire. Plusieurs gisements majeurs d’or, de cuivre, d’argent de zinc et de plomb sont exploités et comme la région de l’Abitibi, les conditions géologiques sont nettement plus favorables. Un des atouts de la région réside dans la diversification de ses ressources minérales. On y trouve des métaux de base, des métaux industriels, des matériaux de construction et des pierres architecturales. Son sous-sol géologique, composé de roches très anciennes, permet une meilleure exploitation de pierres dimensionnelles, comme le granite, l’anorthosite et le calcaire, de même que des ressources de calcite, de matériaux de remplissage, de dépôts de magnétite titanifère, de syénite à néphéline, de wallastonite et autres minéraux industriels à valeur commerciale digne de mention. 
 
Un des gisements intéressants de la région est celui de niobium ou de colombium, de numéro atomique 41. C’est un métal blanc grisâtre, de la même famille que le vanadium et le tantale. Outre le Brésil, grand producteur mondial, c’est au Saguenay Lac Saint-Jean, plus précisément à Saint-honoré, sur la rive nord du Saguenay qu’on exploite le niobium. Ce gisement produit 15 % du total mondial. Le niobium peut être forgé, laminé ou estampé à froid. L’industrie de l’acier est la plus grosse consommatrice de ce métal régional. 
 
En ce qui concerne les minéraux industriels, la région regorge de minéraux propices aux matériaux de construction. La calcite, au nord du Lac Saint-Jean, le granite un peu partout, et la wallastonite à Saint-Ludger-de-Milot ont un avenir prometteur, d’autant que la demande semble exister. Plusieurs cristaux de ces minéraux servent d’agent de renforcement de haute performance, alors que d’autres ont comme vocation de servir comme additif dans certains procédés métallurgiques, la fabrication de porcelaine et certains types de revêtement. Enfin, certains calcaires des basses terres du Saguenay–Lac-Saint-Jean constituent de bonnes sources de pierre à chaux et à bâtir. À ces ressources s’ajoutent plusieurs tourbières qui auraient un potentiel commercial d’exploitation. 
 
Le Saguenay–Lac-Saint-Jean ne passera probablement pas à l’histoire avec ses ressources minérales, mais l’histoire géologique de la région lui a légué certains atouts complémentaires aux autres activités économiques, particulièrement dans les autres secteurs d’activités dits d’extraction ou du secteur primaire, comme l’agriculture et les ressources forestières. 
 
 
Bibliographie :

Carte géologique de l’espace occupé : 
http://atlas.uqac.ca/saguenay-lac-saint-jean/cartes/b3/3.html
Carte géologique générale SLSJ : http://www.uqac.uquebec.ca/zone03/cartotheque/cartes/slsj/02_c5_RG191_ii.jpg
Carte du séisme du Saguenay (1988) : http://www.seismo.nrcan.gc.ca/saguenay88/images/sag_intens.jpg
Carte des dépôts meubles, nord-est SLSJ : http://www.uqac.uquebec.ca/zone03/cartotheque/cartes/slsj/02_c572_RG191_ii.jpg
Profil minier SLSJ : 
http://www.digicom.qc.ca/cre02/etatsgen/mines/remine.htm
Station sismique Cégep de Jonquière :
http://college.cjonquiere.qc.ca/sismo/recents/recents.html
 
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