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Le paysage
Thème : Territoire et ressources

Le paysage du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Étienne Troestler, Cégep de Jonquière, 13 novembre 2002


Le milieu physique d’un territoire marque de façon significative l’activité quotidienne d’une société. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, ce sont les effets de la dernière grande glaciation, baptisée du Quaternaire, qui ont façonné le paysage. Outre le réseau hydrographique particulier, articulé autour d’un immense lac, le lac Saint-Jean, et d’un fjord, celui du Saguenay, le paysage régional fait partie intégrante de l’imposante structure du Bouclier canadien qui recouvre près de 90 % du territoire du Québec. Étant en phase terminale du cycle d’érosion, le Bouclier canadien est un relief peu accentué, avec des montagnes arrondies, des vallées comblées, et de grandes surfaces de roc à nu. 
 
Comme une des plus vieilles structures géologiques de la planète (remontant à l’ère précambrienne et datée de plus d’un milliard d’années), la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean est une enclave du Bouclier canadien et composée de hautes et de basses terres. La déglaciation ou retrait glaciaire a laissé aussi des empreintes encore visibles aujourd’hui. Les hautes et basses terres sont séparées sur les deux rives du Saguenay par des surélévations transversales ou collines de roches précambriennes qu’on appelle « horst de Kénogami. Curieusement, c’est ce horst qui délimite les sous-régions du Saguenay et du Lac-Saint-Jean. Les hautes terres du Bouclier canadien entourent les régions immédiates du lac Saint-Jean et de la rivière Saguenay. Au sud, elles font partie du plateau des Laurentides, alors qu’au nord, elles appartiennent à celui du Labrador. Le sommet culminant de la région se trouve dans ce plateau et se nomme Mont Valin, atteignant 968 mètres. Comme les hautes terres ont une altitude supérieure à 180 mètres, elles n’ont pas été envahies par les eaux du Golfe de Laflamme, nom donné à la mer qui a succédé au grand glacier du Quaternaire. On ne retrouve donc pas de sédiments marins. Quant aux basses terres, leur altitude moyenne varie entre 100 et 150 mètres. Elles correspondent à une zone déprimée distincte au Saguenay et au Lac-Saint-Jean et séparée l’une de l’autre par le horst de Kénogami. 
 
Au point de vue hydrographique, la cuvette du lac Saint-Jean et le corridor de la rivière Saguenay délimitent les basses terres, tandis qu’un réseau hydrographique accidenté, parsemé de chutes, de rapides et de nombreux lacs, caractérise le territoire des hautes terres. Des dénivellations abruptes de plusieurs centaines de mètres délimitent les 2 types de paysage. Des escarpements de faille plutôt linéaires marquent le passage des plateaux rocheux vers les plaines marines et agricoles. Par exemple, au sud, « l’abrupt d’Hébertville » part de la rivière Ashuapmushuan au bout du lac Saint-Jean et rejoint la baie des Ha! Ha! en passant par le lac Kénogami, lac de réservoir signifiant lac long en français. Au nord, une autre faille part de la rivière Péribonka, traverse les rivières Shipshaw et Valin et se rend presque jusqu’à Tadoussac par la rivière Sainte-marguerite. La dépression régionale entre les 2 failles atteint donc une zone de 100 kilomètres de long sur 25 kilomètres de large. La grande glaciation qui a profondément marqué le territoire régional a été la plus courte et la plus récente du Quaternaire. Survenue il y a 12 000 ans, elle s’est terminée par l’invasion marine 1 500 ans plus tard. De nombreux vestiges témoignent de cette période, comme la présence de nombreux lacs dans les hautes terres et de l’argile en abondance dans les basses terres. La fertilité de nombreuses zones agricoles à Laterrière, Hébertville ou Normandin sont tributaires de cette argile. 
 
Dans les terrasses argileuses d’origine marine, on peut dénoter la présence de nombreux glissements de terrain. Ces glissements peuvent être de type décrochements d’argile, particulièrement le long des berges des lacs et des rivières. Tout le pourtour du lac Saint-Jean en est un exemple, et la compagnie Alcan a dû investir temps et argent pour stabiliser les berges instables. Mais le type de manifestation la plus visible et dévastatrice demeure la coulée argileuse, comme celle qui a emporté le petit village de Saint-Jean Vianney, sur la rive nord de la rivière Saguenay, en pleine nuit du 4 mai 1971. Comme dans le goulot d’un entonnoir, une partie du village s’est effondré par la rivière aux Vases. Le glissement a laissé un cratère de 32 hectares et près de 7 millions de mètres cubes d’argile se sont écoulés vers le Saguenay à la vitesse approximative de 25 kilomètres à l’heure. La cicatrice de ce glissement rappelle la présence de ces argiles, conséquence de la grande glaciation du Quaternaire. 
 
Tous les paysages régionaux sont les témoins de cet épisode géologique majeur.
 
 
Bibliographie :

Carte du relief de l’espace municipalisé :
http://atlas.uqac.ca/saguenay-lac-saint-jean/cartes/b3/6.html
Photos Lac, plaine, fjord et montagne : 
http://atlas.uqac/saguenay-lac-saint-jean/cartes/b1/index.htm
Éléments biophysiques et humains de la plaine SLSJ :
http://atlas.uqac.ca/saguenay-lac-saint-jean/cartes/b1/D8.htm
Éléments biophysiques et humains du Fjord : 
http://atlas.uqac.ca/saguenay-lac-saint-jean/cartes/b1/D11.htm
Utilisation de l’espace régional : 
http://geogratis.cgdi.gc.ca/cgi-bin/geogratis/cli/landuse_f.pl
Parcs nationaux du Québec : 
http://www.sepaq.com/fr/index.cfm
Régions naturelles : Mont Valin : 
http://205.205.237.4/envir/rnat/b18.htm
Régions naturelles : basses terres du Saguenay : 
http://205.205.237.4/envir/rnat/b19.htm
Texte et photos sur la région : http://www.csdps.qc.ca/sites/courvilloise/pei2000/saguenay/reg02.htm
Photos de la région :
http://pages.infinit.net/bottine2/saguenay.htm
Saint-Jean-Vianney : 
http://www.nrc.ca/irc/cbd/cbd143f.html
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