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Charles Fitzpatrick
Thème : Société et institutions

Charles Fitzpatrick (1851-1942), un illustre villégiateur dans Charlevoix

Serge Gauthier. Historien et ethnologue. Président de la Société de Charlevoix. Notre-Dame-des-Monts, 1er octobre 2002


Né à Québec, le 19 décembre 1851, Charles Fitzpatrick est le fils d’un marchand de bois d’origine irlandaise. Il est admis au barreau du Québec le 9 septembre 1876. Il épouse Marie-Elmire-Corrine Caron le 20 mai 1879. Tenté par une carrière politique, Charles Fitzpatrick est élu député libéral à l’Assemblée législative de Québec pour la circonscription de Québec-Comté en 1890. Il est par la suite élu député libéral au parlement fédéral d’Ottawa dans une circonscription de Québec en 1896. Il est nommé solliciteur général puis Ministre de la justice dans le cabinet du premier ministre Wilfrid Laurier entre 1896 et 1906. À l’époque, Charles Fitzpatrick est désigné comme « le bras droit de Wilfrid Laurier ». Désigné comme juge en chef de la Cour Suprême du Canada en 1906, Charles Fitzpatrick est nommé lieutenant-gouverneur de la province de Québec en 1918, un poste qu’il occupe jusqu’en 1923. À sa retraite, il poursuit une carrière dans l’enseignement du droit à l’Université Laval. Charles Fitzpatrick meurt en 1942 à Québec.
 
Villégiateur dans Charlevoix, Charles Fitzpatrick possède une résidence d’été sur le Boulevard des Falaises à Pointe-au-Pic. Il trouve toutefois ce secteur très achalandé et il se fait construire un chalet de pêche non loin du petit lac Sainte-Marie à Sainte-Agnès (aujourd’hui Saint-Aimé-des-Lacs) où il va se reposer très souvent. Grand amateur de pêche, Charles Fitzpatrick peut à cet endroit s’adonner à loisir à son sport préféré car le petit Lac déborde alors de belles truites! Charles Fitzpatrick se fait aussi remarquer dans l’arrière-pays charlevoisien par sa volonté d’établir dans le secteur des sites religieux témoignant de son ardente foi catholique.
 
Charles Fitzpatrick fait ainsi construire une chapelle dédiée au Sacré-Cœur à proximité de son chalet de pêche. Construite en 1917, cette petite chapelle sert au culte privé de Fitzpatrick durant de nombreux étés. Il en assure la décoration en y faisant installer de magnifiques « œil-de-bœuf » de même qu’une cloche achetée à Rome qui seront en 1941 placés dans la nouvelle église de Saint-Aimé-des-Lacs. Après la mort de Fitzpatrick, cette petite chapelle sert à la communauté locale. Elle appartient maintenant à la Fabrique de Saint-Aimé-des-Lacs.
 
Fitzpatrick fait aussi ériger à Sainte-Agnès, à la croisée de la route conduisant au rang du Ruisseau des Frênes, un magnifique calvaire comprenant un corpus du Christ en croix. Le lieu est bientôt adopté par la population locale qui l’utilise comme croix de chemin pour les dévotions paroissiales. Ce calvaire existe toujours et il est entretenu désormais par la Fabrique de Sainte-Agnès.
 
Finalement, l’épouse de Charles Fitzpatrick, Corrine Caron, aussi fervente croyante que son mari, fait ériger une grotte faite en pierre et dédiée à la Vierge dans le rang Saint-Jean-Baptiste à Sainte-Agnès. Madame Fitzpatrick étant, semble-t-il, plutôt craintive en automobile et surtout dans les côtes abruptes de Charlevoix, avait souhaité obtenir la protection de la Vierge au cours de ses voyages en érigeant cette grotte. Une légende entoure cette grotte à la Vierge: des rosiers ont poussé de chaque côté de la grotte à l’état sauvage mais d’un côté les roses sont blanches et de l’autre elles sont rouges. Un phénomène naturel peu habituel que les habitants du secteur considèrent comme une sorte de « miracle ». La grotte appartient aujourd’hui à la Fabrique de Sainte-Agnès.
 
De ce fait, ailleurs connu comme un personnage politique important de son époque, Charles Fitzpatrick marque plutôt l’histoire régionale de Charlevoix par sa grande dévotion religieuse. Les lieux de culte qu’il fit ériger pour lui et sa famille s’inscrivent désormais comme une partie intégrante du patrimoine religieux de Charlevoix, faisant de ce villégiateur de renom et homme de foi un personnage bien ancré dans l’histoire religieuse et architecturale de la région.
 
 
Bibliographie :

Gauthier, Serge. « Sir Charles Fitzpatrick (1851-1942). Villégiateur et homme de foi », Charlevoix, 6, mars 1988, p. 16-18. 
 
 
 
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